Certains professionnels de la justice s’indignent
aussi, Voici quelques extraits de leurs ouvrages : LES TRIBUNAUX
FRANÇAIS FACE A LA JUSTICE
EUROPEENNE
Par Chantal MERAL –
Avocate
spécialisée dans les recours devant les
juridictions européennes
« Lorsque
l’on sait que notre patrie des droits
de l’Homme est peut-être, paradoxalement, la nation
la plus condamnée parmi les
pays signataires de la Convention européenne, on souhaite
n’avoir jamais à se
trouver un jour en butte aux lenteurs de la justice
française , à ses carences,
ses dérives etc…. ».
MALHEUR
AUX PAUVRES
Par Jacques VERGES
- Avocat
« Il
y a deux types de voleurs, deux types de
justice et deux types de procédure. Il y a les sans-papiers,
les drogués, les
immigrés, les clochards, les chômeurs,
etc…. Pour eux la justice est rapide, et
sans pitié.
Il y a les
très hauts fonctionnaires, les grands patrons,
les intermédiaires incontournables du grand commerce
international, les hommes
politiques etc…. Ils profitent parfois de l’argent
public ou sont illégalement
rémunérés pour le travail fourni.
Tous, ou presque, échappent à la prison..
Si on additionnait
jour après jour, mois après mois,
la valeur de chacun de ces butins ridicules
dérobés par les voleurs des rues,
il faudrait probablement plusieurs dizaines
d’années pour atteindre les sommes
détournées à l’occasion de
la vente des frégates…
JUSTICE EN FRANCE
Par Dominique Simonnot,
journaliste à Libération
Dans son livre « on
découvre comment, d’une ville
à l’autre, d’un magistrat,
d’un avocat ou d’une ville à
l’autre, ce n’est pas
toujours le même loi qui s’applique.
C’est une pauvre (à tous les sens du
terme) justice ordinaire qui s’exerce en France, justice
humaine, bien trop
humaine… »
LA JUSTICE au
bénéfice du doute
Par Gilles- Jean PORTEJOIE
– Ancien bâtonnier, spécialiste des
affaires sensibles
« L’état
déplorable des prisons, le traitement infligé
aux personnes incarcérées,
l’inexpérience de certains jeunes juges,
l’incompétence d’experts suffisants, les
délais interminables, le mépris dont
sont frappées les victimes, le manque cruel de moyens, tout
semble indiquer que
notre système judiciaire est dépassé
par les évolutions de la société. Inapte à
opérer correctement, il donne des
ratés terribles »
LA MAFIA DES
TRIBUNAUX DE COMMERCE
Par Antoine GAUDINO –
Ancien inspecteur de la brigade financière de Marseille
« En
dix ans, les magouilles au sein des
tribunaux de commerce et la malhonnêteté
avérée de trop nombreux magistrats
consulaires et mandataires de justice ont coûté au
pays un million d’emplois
et, aux entreprises, des milliards de francs !
Tous les gouvernements, bien que conscients de
l’ampleur des dérèglements, ont
jusqu’à présent reculé
devant la pression des
magistrats et différé une réforme
indispensable»
JUSTICE,
FRANC-MACONNERIE,CORRUPTION
Par Bernard MERY –
Docteur
en droit, lauréat de Faculté – Avocat
au barreau de Paris
Rien n’interdit
sur le principe, à un juge d’être
magistrat et franc-maçon, mais néanmoins cette
double appartenance rend
incompatible l’exercice simultané du rite et de la
fonction
« Un
juge ne saurait
être dans le même temps franc-maçon sans
que le justiciable ne soit informé de
sa double appartenance préalablement et
publiquement »
Réponse
donnée par le
Ministre de la Justice en Grande-Bretagne.
En
Italie l’incompatibilité
évidente a été tranchée de
façon catégorique et définitive par le
Conseil
Supérieur de la Magistrature
Extraits
de :
UN JUGE S’EN VA
Laurent LEGUEVAQUE, Juge
démissionnaire dit
la vérité
sur les juges, dénonce leur esprit étroit et
formaté, les « arrangements
avec leur hiérarchie, les avocats et les
journalistes », révèle les
dessous d’un métier où l’on
songe davantage
à sa carrière et à ses
privilèges
qu’à l’équité des
jugements.
« Il
y aurait pourtant
un moyen de contrer le système judiciaire actuel. Un moyen
démocratique, peu
soumis à critique. L’élection.
L’élection des juges que les Anglo-Saxons,
pragmatiques, pratiquent d’ailleurs depuis longtemps. Le
peuple en élisant ses
juges, les rendrait légitimes et puissants. Autant que ses
autres élus. Cà
ressemblerait à l’arroseur arrosé, des
juges élus terrorisant des politiciens
élus en leur rappelant à chaque faux pas, que la
République c’est la vertu.
Après tout c’est pour cette raison, il y a deux
cents ans,qu’on a imposé le
suffrage universel.
Et
puis, rappelons que
d’autres peuples, pas nécessairement plus stupides
que nous, s’en accommodent.
JUSTICE une
lenteur coupable
Par Hervé LEHMAN, ancien
juge d’instruction
L’auteur raconte pour la
première fois de l’intérieur de
cette justice « qui ne peut pas être juste si elle tarde
trop »
« Oui, suicides,
dépressions, divorces, vies brisées parfois plus
par la procédure elle-même que par la cause de
cette procédure. Si les calculs
du coût pour la vie économique restent
à faire, le recensement de ces
souffrances ne peut pas l’être »
Non, le manque de moyens si souvent
invoqué, n’est pas la
vraie raison de la lenteur de l’institution judiciaire. Les
raisons, parfois
bien plus alarmantes, sont ailleurs. Elles prennent au fil des pages de
ce
livre nécessaire, que tout citoyen devrait avoir lu et qui
au-delà devrait
inspirer les gouvernants, les législateurs et en tout
premier lieu le monde
judiciaire.
AU CŒUR DU DELIRE
JUDICIAIRE
Par Philippe HOUILLON
– Député – Avocat -
Rapporteur de
la Commission d’Outreau
w
« les
acquittés viennent de découvrir comment en
France, l’institution judiciaire
peut se transformer en machine à broyer »
w
« aucun de
nous ne pourra prétendre le contraire : la
procédure judiciaire en France
peut tourner au cauchemar »
w
« Me Caroline
MATRAT dont le client était considéré
« au bas de
l’échelle » dit de
lui : il a
reçu le traitement de la justice des pauvres au
quotidien »
w « Me
DUPONT MORETTI : j’affirme devant votre commission
et sous la foi du
serment que j’ai prêté, que je connais
cinquante juges BURGAUD »
w
« Le
témoignage de l’acquitté Cyril LACOMBE
est saisissant, c’est la parfaite
illustration du dangereux copinage qui, trop souvent, es la
règle au sein des
juridictions. »
w
« Les
magistrats, pour leur part, semblent n’avoir jamais un seul
instant douté
d’eux-mêmes. Ils ne peuvent tout simplement pas
faire fausse route : ce
n’est pas inscrit dans le code. A
l’école de la magistrature on n’apprend
pas
l’humilité »
w
« Une même
plainte lancinante de la part des magistrats constitue le fond sonore
de
chacune de leurs dépositions : la justice manque de
moyens »
w
« Quoi de
plus normal que d’être exigeant à
l’égard de ces fonctionnaires d’un type
particulier à qui l’on confie nos
libertés ? Au nom de quoi devrait-on se
taire, quand une seule erreur de leur part
peut anéantir plusieurs vies ? Doit-on
s’accommoder de leurs faux
pas ? N’a-t-on pas, au contraire, au nom de ce
peuple que leurs décisions
invoquent, le devoir d’être à chaque
instant vigilant ? Puisque les
magistrats n’y parviennent pas eux-mêmes, il nous
revient d’exercer un droit de
regard. »
w
« Dans la
magistrature, sauf à commettre une faute gravissime, on est
rarement
sanctionné. La promotion, dans ce curieux corps de
métier, est la façon la plus
efficace de se débarrasser des
gêneurs »
w
« les
journalistes, unanimes, disent : une plus grande transparence
de
l’instruction, introduire une dose de contradictoire,
permettrait de limiter
les dérapages que le secret, au contraire
encourage »
w
« nous
avons l’opinion publique avec nous. La réforme du
système judiciaire, raison
d’être de notre commission, est à
présent entre nos mains. Je sens à chaque
instant que les justiciables nous poussent à la roue. La
réforme de la Justice,
tellement nécessaire, dépasse les clivages
partisans.
Mais
le Ministre de la
Justice a rangé notre rapport dans son tiroir et a
exhumé, à la place, ses
propres projets. C’est un immense gâchis. A quoi
ont donc servi ces heures
d’audition ? La réforme
Clément, s’est muée en
réformette alors qu’il
aurait fallu poser les bases d’une réforme
d’ampleur.
Tout
le temps de l’audition
je n’ai eu pratiquement
aucun contact
avec Pascal CLEMENT.
Hélas :
ce que je prends alors pour de la
discrétion me fera l’effet, plus tard,
d’une profonde indifférence
Avec
Pascal CLEMENT, les
contingences politiques et financières ont
étouffé toute perspective de
réforme.
Je
déplore que les choix
politiques n’aient pas été à la hauteur
de l’attente de l’opinion politique. Tout
était prêt pour que se déclenche une
réforme d’ampleur. Les justiciables la
réclamaient. Les députés y
étaient
favorables. Le chef de l’Etat, premier magistrat du pays, y
semblait prêt. Nous
étions tous mobilisés. Le soufflé,
c’est dommage, est retombé.
NOUVEL OBSERVATEUR
– février 1997
Dans l’article de
Marie- France ETCHGOIN :
« La justice en
France ressemble à une vieille
dame,
très chic, qui aurait
des bas troués… »
La réforme
de la
Justice
reste à
faire